Gala en panne : Laurent Paquin sauve la soirée malgré les ratés
- PCE Média-Production

- 9 août
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Dernière mise à jour : 24 août

QUÉBEC — Ce qui devait être une soirée de rires et de légèreté au Grand Théâtre de Québec s’est transformé en véritable parcours du combattant pour Laurent Paquin et son équipe. Le 9 août dernier, dans le cadre du Festival Juste pour rire Québec, le gala animé par l’humoriste chevronné a été marqué par une panne technique majeure, une évacuation complète de la salle, et un public difficile à rallier. Pourtant, malgré les embûches, Paquin a tenu le cap avec professionnalisme et ténacité.
Un début de soirée sous tension
Quelques minutes après le lever du rideau, un problème technique sérieux a forcé l’évacuation de la salle Louis-Fréchette. Spectateurs et artistes ont dû patienter à l’extérieur pendant près d’une heure, le temps que l'équipe en place rétablisse la situation. Cet incident a repoussé la fin du spectacle jusqu’environ 23h30, bouleversant le rythme habituel du gala et affectant visiblement l’ambiance générale. Si certains ont su tirer leur épingle du jeu, d’autres ont peiné à faire décoller leurs numéros dans une salle refroidie par les aléas techniques.
Laurent Paquin : solide, même dans le chaos
Malgré ce départ chaotique, Laurent Paquin a su reprendre les rênes avec aplomb. Divisée en deux parties, son animation a été marquée par un retour complet sur son numéro de voiture, qu’il a dû recommencer depuis le début. Ce redémarrage, loin d’être une faiblesse, a démontré sa capacité à improviser et à garder le cap dans l’adversité. Son humour, bien rodé, a permis de maintenir une certaine cohésion malgré les circonstances.
Un public difficile à mobiliser
La foule, composée en majorité de spectateurs plus âgés, a eu du mal à embarquer dans l’ambiance du gala. Les rires se sont fait attendre, et plusieurs moments de silence ont ponctué les premières interventions. Des commentaires lancés à voix haute ont même perturbé certains segments, témoignant d’une réception mitigée et d’une énergie en dents de scie.
Des invités inégaux: entre éclats et faux départs
La soirée comptait plusieurs humoristes invités, avec des performances contrastées. Déjà en vedette la veille pour son propre gala, Mathieu Pepper est revenu sur scène avec une énergie contagieuse. Son aisance et son rythme ont fait mouche, offrant l’un des rares moments où le public s’est véritablement laissé aller au rire. Un retour gagnant, salué par les spectateurs. Toujours fidèle à son style direct et engagé, Eddy King a livré un solide numéro, ponctué de réflexions sociales bien senties. Son charisme naturel a permis de maintenir l’attention, même si l’ambiance générale restait en demi-teinte. Avec son humour absurde et ses détournements de logique, Simon de Lille a proposé un numéro original, bien accueilli par les amateurs de comédie décalée. Une bouffée d’air frais dans une soirée parfois trop formatée.
Certains invités ont eu mal à captiver l'auditoire. Des blagues sur la mort et des sujets sensibles ont suscité des avis partagés, et plusieurs numéros ont marqué l'échange d'un vide embarrassant. Michel Desrosiers, notamment, a offert un segment sur les spas qui n’a pas suscité l’enthousiasme espéré. Cette présentation, pourtant prometteur sur le papier, n’a pas su convaincre. L’humour, trop linéaire, a peiné à éveiller l'intérêt, laissant place à des silences gênants. Une prestation qui aurait mérité un peu plus de mordant. Connu pour ses rôles intenses au cinéma, Normand D’Amour a tenté une incursion comique en duo avec Paquin. Le sketch, basé sur une dynamique de tension et d’interruptions, n’a pas atteint son plein potentiel. Malgré quelques éclats, l’ensemble est resté en surface, sans véritable décollage.
Certains humoristes en début de carrière ont essayé avec des blagues plus risquées, notamment sur des sujets sensibles comme la mort. Malheureusement, ces interventions ont souvent manqué de finesse, provoquant des réactions mitigées et parfois même des malaises dans la salle.
Une mise en scène trop chargée
Le gala se voulait spectaculaire, avec une mise en scène riche en effets spéciaux. Toutefois, cette surenchère visuelle a parfois nui à la fluidité des numéros, donnant l’impression d’une représentation trop lourde pour son propre bien. L’équilibre entre humour et production technique n’a pas toujours été bien dosé.
Le Gala de Laurent Paquin du 9 août 2025 aura été une soirée en demi-teinte. Si l’animateur a su démontrer son expérience et sa capacité à gérer les imprévus, la réception du public et la qualité inégale des prestations ont freiné l’élan du spectacle. Ce n’était pas le meilleur gala de Paquin — loin de là — mais il a tout de même réussi à maintenir le cap dans des conditions difficiles. Une soirée qui rappelle que, même pour les vétérans de l’humour, le direct reste un terrain imprévisible.





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