Grand Bien-cuit de Garou : Ludovick en lumière pour une soirée qui visait plus haut
- PCE Média-Production

- 24 août
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QUÉBEC — Le Grand Théâtre de Québec accueillait, le 23 août dernier, le Grand Bien-cuit de Garou, un événement humoristique où artistes et personnalités taquinaient de façon mordante avec affection une figure bien connue du public. Cette édition, animée par Marie-Ève Janvier, réunissait une brochette d’intervenants en humour sont venu interagir le chanteur avec plus ou moins de vivacité. Si l’intention était claire, le résultat, lui, s’est révélé inégal.
Dès les premières minutes, l’ambiance semblait hésitante. Marie-Ève Janvier, pourtant habituée aux projecteurs, a livré une animation correcte, mais teintée de nervosité. Si certaines interventions ont su apporter une touche d’humour appréciée, l’ensemble de la prestation aurait gagné à être davantage rodé. Une certaine retenue dans son rôle de maîtresse de cérémonie transparaissait, ce qui a légèrement atténué le dynamisme de l’événement.
Première partie : Mise en bouche hésitante et humour en rodage
Roch Voisine a ouvert la soirée avec un numéro qui n’a pas su trouver son ton. Sa voix discrète et ses blagues peu percutantes ont laissé le public sur sa faim. Devenu le souffre-douleur récurrent des autres humoristes, il semblait lui-même peu convaincu par le format. L’écriture de son texte, vraisemblablement confiée à un tiers, manquait de naturel et de mordant. Heureusement, Catherine Rouleau est venue relever le niveau avec un humour fin et bien dosé. Avec efficacité, elle jonglait avec l'élégance où elle a su conjuguer subtilité et piquant, offrant l’un des moments les plus appréciés de la soirée. Mathieu Dufour, seul à miser sur l’improvisation, a proposé un segment interactif, incluant un faux montage photo Instagram de Garou au Festival de montgolfières. Sa critique humoristique des réseaux sociaux du chanteur a suscité quelques rires, mais son numéro s’est étiré en longueur quand le quiz final, censé clore son intervention, n’a pas eu l’effet escompté. P-O Forget, avec un ton rappelant celui de Sam Breton, a livré quelques blagues bien senties, mais sans véritable éclat. Son passage, bien que sympathique, n’a pas marqué durablement les esprits.
Avant l’entracte, Yves Lambert est apparu comme invité surprise. Sa chanson traditionnelle, teintée d’humour, n’a pas totalement convaincu la foule, bien qu’une ovation respectueuse lui ait été accordée. Par la suite, pendant l'entracte, plusieurs spectateurs ont profité malheureusement de quitter la salle, puisqu’ils n’étaient pas satisfaits du Bien-cuit présenté.
Deuxième partie : Montée en puissance et révélation inattendue
Après l’entracte, Émily Bégin a tenté de relancer la dynamique avec des anecdotes personnelles. Malgré une volonté évidente de créer une ambiance conviviale, certaines blagues ont semblé manquer de naturel, et les réactions du public sont demeurées relativement réservées. En revanche, elle s’est montrée bien plus à l’aise dans le dialogue, où sa spontanéité et son aisance ont pleinement trouvé leur place. La révélation de la soirée fut sans conteste Ludovick Bourgeois. Avec un humour bien calibré, des jeux de mots efficaces et une présence scénique assurée, il a su incarner l’esprit du bien-cuit. Sa farce sur les érables de Garou: « ce n’est pas l’eau d’érable qui sort, mais du Sacrilège », a déclenché un grand rire. Après sa prestation, il a reçu avec mérite une grande ovation bien sentie due à sa justesse et son charisme. Dans le public, on souhaitait le voir plus souvent dans les spectacles d’humour. Il a sauvé le show et même les invités l'ont grandement exprimé le respect. Jean-Thomas Jobin a clôturé la soirée avec son humour absurde, fidèle à son style singulier. Sa remarque finale – « Personne ne fit dans le show » – a résonné comme une observation lucide sur l'absence de cohésion de l’ensemble des invités.
Quant à Garou, il a répondu avec quelques anecdotes amusantes, mais sans chercher à voler la vedette.
En somme, ce Grand Bien-cuit a souffert d’un certain manque de préparation. Plusieurs prestations manquaient de rythme, et les textes semblaient parfois récités trop rapidement. L’humour était présent tout au long de la prestation, mais il n’a pas toujours suscité les réactions espérées, le public restant souvent discret dans ses réponses. Malgré ces failles, quelques artistes ont brillé. Ludovick Bourgeois, notamment, a offert une performance juste et bien calibrée, apportant un souffle de fraîcheur au déroulement. Catherine Rouleau, elle aussi, a su livrer des interventions bien senties.
Si l’ensemble est resté en deçà des attentes pour un événement de cette envergure, il n’en demeure pas moins que la soirée a permis de réunir des personnalités appréciées du public. Et parfois, c’est cette affection, plus que la finesse des répliques, qui marque les esprits lors d’un rendez-vous télévisuel.





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