Le Grand Bien-cuit de Patrice L’Écuyer : Une soirée mordante et bien sentie au Grand Théâtre de Québec
- PCE Média-Production

- 20 août
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Dernière mise à jour : 24 août

QUÉBEC — Le 20 août 2025, le Grand Théâtre de Québec s’est transformé en véritable arène humoristique pour accueillir le très attendu Grand Bien-cuit de Patrice L’Écuyer, figure emblématique de la télévision québécoise. Sous la direction vive et intelligente de Virginie Fortin, qui agissait comme maîtresse de cérémonie, le spectacle a offert au public une soirée riche en rires, en surprises et en clins d’œil bien sentis.
Dès l’entrée dans la salle, le ton était donné : un décor élégant, bien pensé, qui mettait en valeur l’événement sans voler la vedette aux artistes. L’éclairage, les projections et la disposition scénique contribuaient à créer une atmosphère à la fois chic et décontractée. Le public, visiblement conquis d’avance, était prêt à savourer chaque moment de ce grand rôtissage humoristique. Virginie a offert de bons coups bien-cuits à ses invités.
Première partie : Des performances contrastées, mais globalement réussies
La soirée a été marquée par une série de prestations humoristiques, certaines plus percutantes que d’autres. Gaston Lepage, bien que respecté pour sa carrière, a livré un numéro plus sérieux, parfois trop dépendant du téléprompteur. Cette rigidité a légèrement freiné l’impact comique de son intervention, donnant une impression de retenue qui contrastait avec l’esprit mordant du bien-cuit.
Anne-Élisabeth Bossé, fidèle à son style audacieux, a proposé une performances inégale. Certains passages étaient brillants, portés par son énergie scénique, tandis que d’autres semblaient manquer de rythme. Malgré tout, sa présence a su capter l’attention.
Mais la révélation inattendue de la soirée fut Sam Vigneault, un humoriste moins connu du grand public. Avec une autodérision rafraîchissante, il a transformé son anonymat en force comique. Même lui a plaisanté sur le fait que personne ne le connaissait, ce qui a immédiatement créé une complicité avec l'audience. Malgré un problème technique au début de son numéro, il a été capable de rebondir avec brio, soutenu par un animateur de foule exceptionnel qui n’a pas hésité à descendre dans la salle pour interagir avec les spectateurs. Sam a été annoncé comme la première partie de la tournée de Patrice L’Écuyer — une découverte prometteuse qui a marqué les esprits.
Véronique Claveau : entre nostalgie et humour musical
Véronique Claveau, qu’on connaît bien pour ses imitations de Céline Dion, a livré un numéro musical humoristique en revisitant les classiques de la diva avec des textes comiques. Si l’idée était amusante et bien exécutée, le volume sonore trop élevé a malheureusement nui à la compréhension des paroles. Son attachement au personnage de Céline Dion, bien qu’iconique, commence à montrer ses limites. Une évolution dans ses choix artistiques pourrait lui permettre de renouveler son registre tout en conservant son talent d’imitatrice.
Deuxième partie : crescendo comique
Après l’entracte, le duo Dominic et Martin a repris sa dynamique bien rodée. Fidèles à leur style, Dominic a taquiné Martin tout en lançant des flèches bien senties à Patrice. Leur complicité et leur aisance scénique ont montré une prestation solide et divertissante.
Mais c’est Guylaine Tremblay qui a véritablement volé la vedette. Elle a livré un moment à la fois mordant et drôle, déstabilisant le public en s’aventurant sur un terrain inattendu. Sa maîtrise pour détourner les répliques, surprendre et enchaîner les traits d’humour piquants avec élégance a fait d’elle l’un des temps forts de la soirée. À certains moments, on aurait presque cru que c’était elle la cible du bien-cuit, tant les humoristes l’ont taquinée.
Jean-François Mercier, fidèle à son style cru et assumé, a livré un numéro très crunchy, provoquant des éclats de rire puissants dans toute la salle. Son humour sans filtre, bien dosé pour l’occasion, a été accueilli avec enthousiasme.
Caméo et clins d’œil bien ficelés
Guy Jodoin a offert quelques apparitions surprises en vidéo, se présentant comme en vacances jusqu'à une brève incursion sur scène. Dans un gag bien ficelé, il a salué le public avant de réaliser qu’il s’était trompé de spectacle, croyant assister au bien-cuit de Patrice Bélanger, et a quitté le plateau sous les rires. Une touche absurde et exécutée à la perfection, ce qui a ajouté une dose d’humour inattendu.
Patrice L’Écuyer : au cœur de la fête
En vedette de la soirée, Patrice L’Écuyer a été égal à lui-même : drôle, accessible, et toujours avec cette aisance d’animateur qui le caractérise. Il a pu répondre aux taquineries avec humour et répartie, prouvant une fois de plus qu’il sait rire de lui-même avec élégance. Sa présence a été chaleureuse, tout en naviguant entre les blagues mordantes et les moments plus tendres avec une maîtrise admirable.
En résumé
Le Grand Bien-cuit de Patrice L’Écuyer a été une soirée riche en rires, en surprises et d’anecdotes savoureuses. Malgré quelques performances inégales et des ajustements techniques à envisager, le spectacle a su livrer une expérience divertissante et chaleureuse, à la hauteur des attentes du public québécois. Entre les vétérans de l’humour et les nouvelles révélations, le bien-cuit a prouvé une fois de plus que l’autodérision est un art qui rassemble, amuse et touche.





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