Reda Saoui illumine une soirée en demi-teinte au Festival Juste pour Rire Québec
- PCE Média-Production

- 13 août
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Dernière mise à jour : 24 août

QUÉBEC — Le 13 août dernier, dans l’ambiance feutrée de la Pyramide de Sainte-Foy, le ComediHa! Club accueillait un nouveau volet de la série Sa face me dit d’quoi, mettant en vedette deux humoristes émergents : Maïté Sinave et Reda Saoui. Une soirée en deux temps, deux styles, deux univers… mais une seule conclusion : l’humour, c’est une question de dosage.
Première partie : Maïté Sinave, un stand-up qui tombe à plat
La soirée a débuté avec Maïté Sinave, étoile montante de la scène montréalaise, connue pour ses sketchs et ses personnages. Malheureusement, ce soir-là, la magie n’a pas opéré. Son stand-up, centré sur des sujets délicats comme la mort, le deuil animalier et la parentalité, manquait cruellement de finesse dans l’approche. Le ton était maladroit, les transitions hésitantes, et le rythme des blagues trop lent pour maintenir l’attention de l'auditoire.
Les punchs, lorsqu’ils arrivaient enfin, échappent au mordant. Le malaise s’est installé rapidement, et malgré quelques tentatives de relance, le public est resté froid. Ce n’était pas tant le choix des sujets qui posait un problème, mais plutôt la manière de les aborder : sans recul, sans ironie, et surtout sans la légèreté nécessaire pour transformer le tragique en comique. Une performance qui aurait mérité plus de rodage et de nuance.
Deuxième partie : Reda Saoui, un retour en force
Heureusement, la deuxième moitié du spectacle a redonné vie à la salle. Reda Saoui, humoriste autodidacte formé par les scènes québécoises, a livré un numéro solide, intelligent et franchement drôle. Avec un style absurde, mais rempli de sens, il a abordé des sujets aussi sensibles que la religion, l’immigration et les stéréotypes culturels — notamment en France — avec une aisance remarquable.
Son humour, à la fois mordant et accessible, sans heurter inutilement. Il joue avec les tabous, mais les traite avec une lucidité qui force le respect. Le public, jusque-là en retrait, s’est laissé emporter par son énergie et son charisme. Les rires étaient francs, les applaudissements nourris. Reda Saoui a prouvé qu’il est capable de transformer des sujets complexes en moments de pur divertissement, sans jamais tomber dans la facilité.
Ambiance et réception
La salle, bien que loin d’être pleine à craquer, vibrait d’une belle énergie en deuxième partie. Le fait que le spectacle s'est déroulé en milieu de semaine a sans doute joué sur l’affluence, tout comme la relative nouveauté du lieu pour certains spectateurs. Mais ceux qui étaient présents ont assisté à une soirée contrastée, certes, mais marquante.
“Sa face me dit d’quoi” du 13 août 2025 aura été en deux teintes : une première partie laborieuse, suivie d’un redressement spectaculaire grâce à Reda Saoui. Ce genre de formule — deux humoristes, deux styles — est risquée, mais elle permet aussi de découvrir des talents en devenir et de vivre des moments inattendus. Et quand l’un des deux réussit à faire oublier les faux départs, c’est que l’humour a encore de beaux jours devant lui.





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