Une ovation de rires et d’amitié pour Marina Orsini : moment inoubliable au Grand Théâtre de Québec
- PCE Média-Production

- 23 août
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Dernière mise à jour : 24 août

QUÉBEC — Le 22 août 2025, Le Grand Théâtre de Québec a réuni une brochette d’humoristes au sommet de leur art, livrant une performance collective aussi hilarante que touchante. Marina Orsini, au cœur de cette célébration pour le Grand Bien-cuit, a été honorée avec finesse, taquinerie et beaucoup d’amour. Animé avec brio par Guillaume Pineault, le spectacle a respecté toutes les consignes du format, tout en offrant une soirée mémorable au public et saluées par des ovations et des rires sincères.
Un maître de cérémonie en pleine possession de ses moyens
Dès les premières minutes, Guillaume Pineault a donné le ton : rythme soutenu, répartie impeccable et gestion parfaite de la salle comme de la captation télé. Bien qu’un amuseur de foule soit présent, il a lui-même pris plaisir à échauffer le public, multipliant les interactions et les blagues complices. Il a été un maître de cérémonie exemplaire. Il a notamment taquiné Billy Tellier au sujet de son Olivier qu’il n’a pas eu pour le meilleur texte, rappelant que ce trophée revenait en réalité à Guillaume. Clin d’œil mémorable : un serveur est venu remettre l’Olivier à Guillaume, sous les rires de la salle. Pineault a aussi décoché une flèche à Marina en jouant sur sa carrière musicale, lui offrant une « fausse plaque » pour la vente de… dix albums, blague que l’intéressée a accueillie avec un autre hilarant de rires du public. Dès lors, l’ambiance était installée.
Première partie : des styles variés, des rires constants
Debbie Lynch‑White a ouvert le bal des invités avec une présence à la fois chaleureuse et assurée, brossant de Marina un portrait nuancé où se mêlaient tendresse et force de caractère. Elle a pris soin de rappeler certains rôles marquants, dont celui dans Première fois, soulignant l’intensité qui traverse chacune de ses interprétations, sur scène comme à l’écran. Son discours, ponctué d’images précises et d’anecdotes, a pris une tournure complice lorsqu’elle a projeté une courte vidéo humoristique tirée d’Instagram : un extrait savoureux où Marina, dans un moment de désinvolture jubilatoire, se donnait à fond pendant une soirée karaoké. Ce clin d’œil inattendu a déclenché de grands rires francs, tout en illustrant cette facette décalée de sa personnalité. Porté par un rythme puissant et une affection palpable, le numéro de Debbie était durement efficace, intelligemment construite, et a instantanément installé une atmosphère conviviale qui ne s’est plus démentie par la suite.
Puis vint Billy Tellier… et là, inutile de chercher midi à quatorze heures : deux mots suffisent – extrêmement solide. Dès son entrée, il a imposé une présence scénique naturelle, captant l’attention par sa spontanéité et la précision de ses répliques. Les punchs s’enchaînaient avec une fluidité presque musicale, comme s’il suivait une partition invisible parfaitement maîtrisée. Parmi les passages les plus marquants, sa comparaison du personnage de Marina dans Shehaweh avec Pocahontas – « Les enfants, pas besoin d’aller à Disney, Pocahontas est ici » – a provoqué un éclat de rire général, sincère et unanime, rebondissant d’un bout à l’autre de la salle. Mais Billy ne s’est pas arrêté là : porté par une grande énergie et communicatif, il a enchaîné avec une série de blagues irrésistibles, avant de basculer dans une fausse colère théâtrale contre certaines « injustices ». Ce numéro improvisé, calibré avec justesse, a créé un moment d’anthologie jusqu’à culminer en une ovation debout, chaleureuse et méritée. Un passage qui, à lui seul, aurait pu résumer l’esprit de toute la soirée : généreux, vif et mémorable.
Bob le Chef, quant à lui, bien qu’il ne soit pas humoriste de profession, a relevé le défi avec un aplomb teinté de modestie. Il a puisé dans ses souvenirs d’émissions culinaires avec Marina tel que 5 chefs dans la cuisine, pour livrer un numéro bon enfant, trouvé un écho dans la salle. Il a eu des improvisations, souvent déclenchées par les réactions des autres invités qui ajoutaient une fraîcheur vive à l’ensemble. Ce numéro, sans prétention, mais plein de cœur, a offert un contrepoint chaleureux aux prestations plus structurées, prouvant qu’un peu de spontanéité et de sincérité suffisent à rallier son auditoire.
José Gaudet a ensuite replongé le public, avec un plaisir contagieux, dans l’atmosphère rétro des grandes années de Rock Détente et CKMF. Entre clins d’œil complices et anecdotes savoureuses, il a peint, par petites touches, le portrait d’une époque où la radio faisait vibrer les foyers et l’imaginaire collectif. Les rires fusaient à chaque détour de phrase, tant son art de raconter captait l’attention. Le moment le plus mémorable est survenu lorsqu’il a, sur le ton de la farce, « poussé » Marina à quitter la scène, déclenchant un rire général. L’hilarité a atteint son apogée quand Michel Charette est venu se glisser dans la peau de son ami, l’imitant avec une justesse désarmante, et provoquant un tonnerre d’applaudissements et de rires nourris, comme un feu d’artifice comique concluant ce segment.
Deuxième partie : émotions, surprises et révélations
Après l’entracte, Maxim Martin a choisi un registre plus touchant que purement humoristique, naviguant entre différents sujets avec sincérité. Installé confortablement, il a offert au public un moment plus intimiste, où l’authenticité prenait le pas sur la performance. On sentait qu’il se permettait de ralentir, de respirer, et d’ouvrir une parenthèse d’émotion au milieu du tourbillon comique de la soirée. Une approche sobre, mais profondément assumée, qui a trouvé toute sa légitimité dans cet équilibre fragile entre rires et vérités simples, ajoutant une texture nouvelle à l’ensemble du spectacle.
Une surprise est venue de la salle : Marc Mercier, alias Marc Gagnon dans Lance et Compte, a fait une apparition inattendue provoquant aussitôt un murmure d’étonnement et une salve d’applaudissements spontanés. Alors qu’on pensait qu’il ne resterait que quelques secondes, il a livré un bien-cuit solide, mêlant anecdotes télévisuelles et humour tendre. À mesure que les punchs tombaient, on percevait une complicité authentique et un respect profond pour son amie. Un moment à la fois drôle et émouvant, salué par une grande ovation.
Michelle Desrochers s’est imposée comme l’une des révélations remarquables de la soirée, captivant instantanément le public par sa présence assurée et son sens affûté du rythme comique. Dès ses premières phrases, elle a mené l’audience sur un terrain familier, tissant habilement un fil narratif qui semblait prévisible… jusqu’à ce qu’un virage brusque, parfaitement calculé, vienne tout renverser. Cette maîtrise du contre‑pied, exécutée avec une précision millimétrée, déclenchait des éclats de rire francs, presque incrédules. Les punchs, à la fois intelligents et croustillants, étaient servis avec un dosage impeccable : assez piquants pour surprendre, mais toujours teintés d’une malice bienveillante. On constatait derrière chaque ligne un travail de dentellière mêlé à une intuition scénique rare, celle qui permet de jouer avec les attentes pour mieux les dépasser. Son passage, vif et limpide comme une coupe de champagne, a laissé dans l’air une énergie pétillante, confirmant qu’on venait d’assister à un moment marquant du spectacle.
Enfin, Michel Charette a clore la liste des invités avec un aplomb réjouissant. Présent et attentif tout au long de la soirée, il avait déjà, en filigrane, ponctué les interventions des autres de répliques bien senties et de mimiques complices, comme autant de petites éclaboussures d’humour disséminées çà et là. Mais c’est en solo qu’il a véritablement déployé tout son arsenal : une improvisation souple et agile, capable de rebondir sur la moindre remarque ou situation imprévue. Chaque interaction semblait alimenter une force communicative, un échange vivant où la frontière entre numéro écrit et pure spontanéité s’effaçait. Offrant une prestation à la fois rigoureuse et empreinte de liberté, l’artiste a signé une conclusion remarquable. L’intervention, saluée par une salle unanime, s’est achevée sur une note d’enthousiasme et de cohésion, comparable à un dernier éclat de rire partagé avant la tombée du rideau.
Marina Orsini : authenticité et complicité
Tout au long de la soirée, Marina Orsini est restée fidèle à elle-même : authentique et chaleureuse. Assise au centre de l’action, elle alternait des fous rires puissants et sourires attendris. Visiblement touchée par la soirée soigneusement préparée par ses amis de longue date. La chimie entre les invités et l'hommage sincère rendu à Marina ont donné à ce bien-cuit une dimension humaine qui dépassait le simple exercice humoristique. On voyait une célébration intime, à mi‑chemin entre le cabaret et la réunion de famille. Le temps a filé, laissant le public avec l’impression d’avoir assisté à un moment unique.
Verdict : un sommet du festival
Ce Grand Bien-cuit restera comme l’un des meilleurs spectacles du Festival juste pour rire Québec 2025. Rythme impeccable, invités au sommet de leur art, surprises bien dosées et une Marina Orsini rayonnante : tous les ingrédients étaient réunis pour une soirée exceptionnelle. n quittant la salle du Grand Théâtre, on avait cette sensation précieuse d’avoir assisté à une soirée mémorable, dont l’écho résonnera longtemps jusqu’à diffusion télé. Après tout, Juste pour rire c'est rire, encore, plus fort.





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